La Bruyère du HamelCalvados

Condé-sur-Ifs · Chambre en encorbellement

Fouille par J.-L. Dron 1990/1991

Nécropole regroupant sept chambres construites en pierre sèche et couverte par une fausse voûte en encorbellement.

Coordonnées : 49° 01′ 36″ nord, 0° 07′ 43″ ouest

Le site de La Bruyère du Hamel fut découvert en 1989, montrant comment ces sites arasés sont peu visibles et se cachent aux yeux des chercheurs d’antiquités.
Une présence mésolithique a laissé quelques traces datées par le C14 de -8247/-7920.
Quelques millénaires plus tard, ce sont des populations du Néolithique Moyen qui s’installent sur les lieux. Leur présence fut suffisamment longue pour laisser 20 000 tessons et 45 000 objets en silex. Deux fours sont apparus dans l’empreinte de la fouille, sans autres structures visibles. Un anneau-disque, caractéristique du néolithique Moyen et un mobilier appartenant à la culture de Cerny indiquent une occupation assez longue, se déroulant pendant les siècles du milieu du 5e millénaire.
L’installation des premières tombes se produit quelques siècles après, soit dans un souci d’occuper la place des prédécesseurs, soit parce que le terrain était dégagé à cause de leur activité, soit enfin parce que ce terrain présentait des conditions favorables, ce qui faisait qu’il avait été choisi pour que des vivants ou des morts y séjournent.
Les tombes
Six monuments composent la nécropole. Tous sont arasés et dans des états de conservation différents.
Toutes les tombes sont en pierre sèche. Leur couverture se fait grâce à une voûte en encorbellement. Cet appareillage implique une hauteur obligatoire des monuments, qui ne pouvait pas être inférieure à 6 m. Un soin particulier est apporté à l’appareillage des façades, où débouchent les couloirs. La surface des chambres montre une grande variabilité, de 8,50 m² à 18 m². Tous les couloirs débouchent vers l’est et regardent le fond de la vallée.
Au centre, le plus grand des édifices, et le seul à contenir deux tombes, mesure 14,50 m de long pour une largeur de 10 m.
L’analyse de l’ADN de 7 des 12 individus de la chambre C montre que les individus ne partagent pas la même lignée féminine. Une autre montre que les deux adultes à proximité de deux enfants n’ont pas de lien entre mère, grand-mère, enfants et petit-enfant. Ils ne sont ni frères ni sœurs.

Le nombre important de datations C14 permet de dire que la nécropole a fonctionné plus de 400 ans, entre -4332 et -3943. Cela ferait le dépôt d’un mort tous les 30 ans. Si elle a accueilli le double de défunts tous les quinze ans, c’est bien peu. Si les tombes appartenaient à des élites, chacune pouvait avoir la sienne. Dans la mesure où les femmes et les enfants étaient admis, cela fait bien peu de morts. Que la collectivité soit réduite à quelques familles, que les tombes soient réservées à certains, le nombre de morts serait bien supérieur à la vingtaine de générations qui connurent cette nécropole.

Fondation d’une des tombes de la nécropole de La Bruyère du Hamel, à Condé-sur-Ifs (Calvados)
Fondation d’une des tombes.
Fondation du monument contenant deux chambres de la nécropole de La Bruyère du Hamel, à Condé-sur-Ifs (Calvados)
Fondation du monument contenant deux chambres.
Plan reconstitutif du monument contenant deux chambres de la nécropole de La Bruyère du Hamel, Condé-sur-Ifs (Calvados)
Reconstitution hypothétique du monument à deux chambres.