Alignement de Kermario, Morbihan

Carnac · Champ de menhirs

Monument remarquable par la conservation et la restauration de son tumulus allongé, et les péristalithes entourant sa chambre.

Fouille J. Miln de Woodhill 1873/1880

Coordonnées : 48° 46′ 16″ nord, 3° 26′ 40″ ouest

J. Miln de Woodhill, Écossais fortuné, consacre la fin de sa vie à l’étude des mégalithes de Carnac. Ses découvertes aboutissent à la création du musée de Carnac. La traduction française de ses fouilles de l’alignement est publiée, à titre posthume, en 1881. C’est la première et unique monographie dédiée à une fouille d’un des alignements de Carnac. J. Miln note que les menhirs d’une zone sont couchés dans le même sens, évoquant un tremblement de terre (il en ressent un en 1877). Il constate que les destructions ne sont pas toutes modernes : des menhirs sont réutilisés dans des murs gallo-romains. Devant des pierres couchées, il observe des rigoles, traces de météorisation prouvant leur longue période debout. Tous ses successeurs ne feront pas les mêmes observations, redressant souvent les menhirs à l’envers.

Il signale des poches de charbon de bois et des foyers, certains profonds et peut-être contemporains de l’édification. Bien que novateur et méthodique pour son époque, le lecteur d’aujourd’hui reste déçu : les descriptions manquent de précision pour visualiser et dater les vestiges. Miln évoque une plateforme en pierre sèche sous un menhir de 2,66 m (26 tonnes), sans indication sur son âge. Il découvre un foyer protégé par deux constructions, avec des couches de charbon conséquentes. Au fil des pages, il mentionne des structures néolithiques, celtiques, gallo-romaines, médiévales ou modernes. Il pense que les menhirs furent dressés avant l’invasion romaine, mais que des objets trouvés pourraient dater d’une époque postérieure, « barbare ». Il réfute l’idée médiévale en vogue, estimant les menhirs bien antérieurs à Rome, mais construits jusqu’à une époque récente.

Le mobilier est rare et peu spectaculaire, mais le nombre de structures et de foyers montre que le sol recèle encore des vestiges. Des datations à grande échelle et des études structurelles pourraient lever partiellement le voile sur ces mystères avant de spéculer sur des données peu fiables.

Lacapelle
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